Le XXe
siècle, sauf dans son dernier quart, n’a guère été
favorable à l’élevage des
chevaux canadiens, et ce, autant à
cause de l’anémie des sports équestres que du désintérêt
des cultivateurs à l’égard des chevaux de race pure, perçus
comme un luxe. Aussi, n’eut été de l’implication gouverne-
mentale dans l’élevage des chevaux canadiens au cours de
cette période ainsi que des efforts de quelques éleveurs et
spécialistes de l’agriculture pour perpétuer la race, il y a fort
à parier que cette dernière serait aujourd’hui disparue. De
ce point de vue, l’existence même du
cheval canadien cons-
titue un hommage à la détermination des Couture, Chapais,
Barnard, Fisher, Rutherford, Deland, Bourassa, Langelier, Ste-
Marie, St-Pierre et de combien d’autres qui, dans les heures
sombres, n’ont jamais cessé de croire en l’avenir de la race
du pays. On peut aussi dire que c’est en raison du statut
particulier que le cheval canadien a toujours détenu, avec la
vache canadienne, dans le paysage animalier du Québec et
du Canada que sa survie a été rendue possible. La recon-
naissance politique que lui ont accordée Québec, en 1999,
et Ottawa, en 2002, constituerait ainsi l’aboutissement d’une
démarche identitaire commencée au milieu du XIXe
siècle.
Menacé de disparition à plusieurs reprises depuis cette époque,
le
cheval canadien se trouve donc aujourd’hui en meilleure
position que jamais pour affronter les défis du XXI
e
siècle.
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